Depuis quatre ans, la croissance du marché suit une tendance exponentielle,
 
faisant suite à la crise des années 1991-1994 qui avait considérablement
 
freiné les investissements en raison de la dégradation prononcée
 
des risques. Ceux-ci ont ainsi doublé de 1996 à 1998 et la progression
 
devrait dépasser les 50 %.
 
 
 
Cette forte croissance est imputable à :
 
lémergence de sociétés consommatrices de capitaux
 
appartenant aux nouveaux secteurs dactivité de « la nouvelle
 
économie »
 
une attitude moins sélective des intervenants ;
 
la multiplication des modes dintervention qui a étendu
 
le champ du possible en matière dopérations ;
 
laccroissement généralisé des capitalisations
 
boursières en Europe et aux Etats-Unis ;
 
la généralisation de « nouveaux marchés »
 
qui ont facilité le processus de sortie après recours au capital
 
investissement ;
 
une abondance de liquidités qui recherchent à sinvestir
 
en recherchant des rendements élevés. La place européenne
 
est ainsi devenue très attractive après la crise asiatique (fly
 
to quality) ;
 
la baisse des taux dintérêt qui rend ce type de placement
 
plus attractif en dépit du risque qui y est attaché ;
 
un cadre réglementaire plus favorable.
 
La structure de loffre se modifie avec la présence accrue sur
 
le marché français de spécialistes anglo-saxons comme 3i
 
et BC Partners qui privilégient les gros tickets ainsi que la montée
 
en puissance de nouveaux acteurs en amont de la chaîne qui sont les groupes
 
industriels (corporate ventures), les business angels qui se positionnent sur
 
des segments traditionnellement occupés par le secteur public, les fonds
 
dinvestissement patronnés par des personnes physiques fortunées
 
et enfin des cabinets de conseil en quête de relais de croissance.
 
La concurrence et les besoins financiers liés à lélévation
 
de la taille des tickets unitaires vont contraindre les acteurs français
 
à sadapter en termes de rapidité de prise de décision,
 
de mobilisation de moyens financiers pour répondre à la demande
 
(création de fonds, co investissements) ainsi que de méthodes
 
de valorisation des sociétés à croissance très rapide
 
et situées dans des secteurs jeunes ou les approches classiques apparaissent
 
inopérantes.Les regroupements dans le secteur bancaire sont le second
 
facteur de recomposition du secteur compte tenu du poids des filiales bancaires
 
sur le marché français. Les fusions acquisitions bancaires vont
 
indirectement permettre lémergence dacteurs pour lesquels
 
lenjeu sera dacquérir une dimension pan européenne.
 
Il devrait sensuivre une hiérarchisation du marché autour
 
des leaders que sont les spécialistes anglo saxons, les filiales bancaires
 
et des challengers (fonds corporate et investisseurs privés).