Comparé à la restauration collective, le secteur de la restauration
 
commerciale affiche une croissance soutenue. Le secteur a tiré profit dune
 
conjoncture porteuse, de flux touristiques importants et a su sadapter aux
 
évolutions socio-démographiques et aux nouveaux comportements alimentaires.
 
Son territoire sest étendu à de nouveaux concepts tels que
 
la vente à emporter, la restauration livrée, la distribution automatique
 
qui ont permis de toucher une clientèle plurielle. Toutefois, ce secteur
 
rencontre des difficultés structurelles qui ont été masquées
 
par une bonne conjoncture. Elles concernent aussi bien les chaînes que les
 
indépendants : activité cyclique, pénurie structurelle de
 
main duvre qualifiée liée à une politique sociale
 
minimaliste, acte de consommation tendant à se banaliser avec un ticket
 
moyen en baisse et difficile à faire croître, clientèle nomade
 
difficile à fidéliser, raréfaction des emplacements stratégiques
 
disponibles à un coût économique supportable, essoufflement
 
des concepts les plus anciens (restauration traditionnelle, self-service, restauration
 
rapide anglo-saxonne). En conséquence, la rentabilité est fragile
 
et le taux de faillites élevé, au regard des autres secteurs. A
 
lheure où la conjoncture se dégrade, des ajustements paraissent
 
nécessaires.
 
Quelle marge de progression pour le marché ? Quels concepts sont appelés
 
à se développer ? Quel est le niveau de satisfaction du consommateur
 
à légard des formes actuelles de restauration ? Quelle sont
 
ses attentes et leurs conséquences pour le secteur ? Quelle segmentation
 
de clientèle peut-on établir ? Comment améliorer la rentabilité
 
du secteur ? Comment tenter de pallier les problèmes de main duvre
 
? Quelle est la politique dapprovisionnement des restaurateurs ? Comment
 
loptimiser (qualité et prix) ? Quelles sont les compétences
 
requises et les facteurs clés de succès ? Vers quelle configuration
 
soriente le secteur ? Les chaînes doivent-elles opter pour une croissance
 
sélective ou intensive, pour un portefeuille de marques et de concepts
 
étendu ou étroit ? Quelle doit être la place accordée
 
à linternational ? Quel est lavenir des indépendants
 
?
 
 
 
Le secteur de la restauration commerciale a représenté un marché
 
de 300 milliards de francs en 2000. Après une croissance soutenue entre
 
1997 et 2000 (+ 6,3 % par an sur cette période), il devrait enregistrer
 
une quasi-stagnation en 2001, et les fêtes de fin dannée
 
vont savérer décisives sur les performances densemble.
 
Les nouveaux concepts de restauration dynamisent le marché tandis que
 
les modèles plus anciens sessoufflent.
 
Les chaînes connaissent une expansion rapide mais nentament pas
 
fondamentalement les positions concurrentielles des indépendants qui
 
détiennent 80 % de part de marché. Dans un secteur très
 
atomisé, les enjeux auxquels sont confrontés les acteurs français
 
de la restauration commerciale sont les suivants :
 
Maîtriser les coûts face à la lourdeur du prime cost
 
(somme de la masse salariale et des coûts matières), à la
 
faible rentabilité du secteur et aux effets du passage aux 35 heures.
 
Une partie des coûts est difficile à contenir (loyers, assurances,
 
frais financiers) ;
 
Sadapter aux attentes des consommateurs selon les situations/fonctions
 
de consommation, selon leur profil, en travaillant le registre émotionnel
 
de lauthenticité, de la convivialité, du plaisir ;
 
Trouver une alternative au positionnement mass market fondé sur
 
la standardisation des prestations, car il connaît ses limites. Dans lesprit
 
du consommateur, la qualité est liée à la dimension artisanale
 
supposée ;
 
Faire évoluer plus fréquemment les concepts dont la durée
 
de vie tend à se raccourcir (trois à cinq ans selon le positionnement),
 
le secteur étant de plus en plus sensible aux effets de mode ;
 
Intégrer la montée des risques (dans la carte, les concepts).
 
Les crises alimentaires ont montré le danger dêtre positionné
 
sur un seul segment (la viande dans le cas de lESB).
 
Ces évolutions impliquent, de la part des opérateurs, des adaptations
 
stratégiques. La structure du secteur devrait évoluer comme suit
 
:
 
Les grandes chaînes, dont la taille relative reste faible (hormis
 
Mc Donalds et Quick), géreront un portefeuille de marques et de
 
concepts diversifié pour répartir les risques et sadapter
 
à léclatement des modes de consommation. Leur stratégie
 
de croissance sera plus sélective, focalisée sur leur marché
 
domestique, linternational nétant pas une priorité
 
;
 
Les petits groupes ou mini-chaînes géreront un portefeuille
 
de marques et de concepts plus restreint, en exploitant au maximum les synergies
 
et privilégieront des concepts particulièrement distinctifs et
 
évolutifs, requérant des investissements de modernisation substantiels.
 
Leur réactivité est leur principal avantage concurrentiel dans
 
un secteur où les effets de taille sont limités dès lors
 
que les prestations ne présentent pas un fort degré de standardisation
 
;
 
Les indépendants continueront à jouer un rôle clé.
 
Ils représentent une valeur sûre, sinon refuge en raison des valeurs
 
dauthenticité quils véhiculent. En contrepartie, lamateurisme,
 
la mauvaise gestion, la non-qualité (nourriture, cadre, accueil) seront
 
plus que jamais sanctionnés par le marché ;
 
Les spécialistes de la restauration convenience (micro-chaînes
 
et indépendants) continueront à se développer car ils répondent
 
aux exigences de la consommation fonctionnelle. Une place existe sur ce segment
 
pour des concepts présentant un bon compromis agrément/rapport
 
qualité-prix/rapidité.
 
Létude que nous avons réalisée dresse un panorama
 
complet et chiffré du secteur de la restauration commerciale en France
 
et en Europe. Notre analyse sattache notamment à présenter
 
lensemble des enjeux stratégiques auxquels sont soumis les opérateurs
 
français de la restauration commerciale (les chaînes, les indépendants
 
et les nouveaux restaurateurs que sont les industriels qui sintègrent
 
en aval, les distributeurs).
 
La situation et la stratégie dune vingtaine dacteurs clés
 
du marché sont étudiées et les positionnements concurrentiels
 
analysés. Enfin, létude se conclut sur des scénarios
 
dévolution élaborés à partir de la mise en
 
évidence des tendances lourdes et de leur incidence sur la dynamique
 
économique et concurrentielle du secteur.