Le commerce en ligne, après une période euphorique caractérisée
 
par des investissements débridés, une fuite en avant dans la conquête
 
de clients et, finalement, un mépris des équilibres financiers subit
 
aujourdhui un retour de balancier brutal. De nombreux sites ont dû
 
cesser leur activité faute de clients. Les ambitions de tous les acteurs
 
ont été ramenées à des niveaux raisonnables et lenthousiasme
 
des actionnaires a considérablement baissé.
 
La crise actuelle a au moins une vertu : elle ramène les esprits à
 
la raison et contraint les sites à rationaliser leur approche marketing,
 
à mieux sorganiser et à prendre conscience de limportance
 
quoccupe la logistique dans le mix marketing. Sous estimée par
 
la première génération de sites de vente en ligne, la logistique
 
-considérée comme peu fiable et coûteuse- est en effet régulièrement
 
citée parmi les principaux freins à lachat, avec la sécurisation
 
des paiements.
 
Aujourdhui tous les sites de commerce en ligne ont bien compris que la
 
logistique est lune des problématiques centrale de leur activité.
 
Elle est stratégique au niveau de la relation client car la performance
 
de la livraison a une incidence directe sur les réachats et la fidélisation.
 
Elle influence le positionnement marketing (assortiment proposé en ligne,
 
pricing, possibilité dexploiter la « promesse logistique
 
» comme facteur de différenciation). Et bien sûr, elle a
 
un fort impact sur les performances financières car son coût est
 
considérable.
 
Lamélioration des processus liées à la logistique
 
(transmission dinformations, saisies et préparation des commandes,
 
contrôle) et ladoption de modèles logistiques moins consommateurs
 
dinvestissements, plus souples, évolutifs en fonction de la maturation
 
progressive du marché, joueront un rôle déterminant pour
 
les sites qui résisteront à la phase décrémage
 
actuelle.
 
 
 
Cette étude dresse un état des lieux complet et prospectif sur
 
les contraintes logistiques dans le commerce en ligne B to C. Elles répond
 
aux questions stratégiques majeures que doivent se poser tous les observateurs
 
ou acteurs de ce marché.
 
Quelles sont les contraintes spécifiques de la logistique dans le e-commerce
 
? Quels sont les modèles logistiques les plus efficaces ? Comment évaluer
 
les avantages et les inconvénients des différents modèles
 
? Quelles sont les tâches critiques ? Comment intégrer la logistique
 
dans la démarche marketing ? Quelles sont les conséquences dune
 
logistique insuffisamment efficace ? Faut-il adapter le mix produit à
 
la vente en ligne ? Comment mutualiser les coûts logistiques et améliorer
 
le taux de service ?
 
Létude montre que pour les sites de commerce en ligne, la logistique
 
doit désormais être considérée comme une priorité
 
stratégique :
 
Elle est aujourdhui trop coûteuse car les volumes sont limités,
 
ce qui freine lautomatisation et donc la réduction des coûts
 
logistiques unitaires ;
 
La livraison est subventionnée par la plupart des sites pour
 
que le prix de vente final demeure compétitif ce qui plombe structurellement
 
les résultats (le client ne prenant en charge quune partie des
 
coût réels) ;
 
Les investissements à consentir pour structurer la logistique
 
se sont révélés plus importants que prévu et générateurs
 
de frais fixes.
 
Dans un contexte conjoncturel dégradé et en raison dun
 
phénomène de crédit crunch particulièrement aigu
 
dans le secteur de la vente en ligne, les enjeux sont aujourdhui les suivants
 
:
 
Afficher une promesse logistique en phase avec les caractéristiques
 
du marché, les besoins et les comportements dachat des consommateurs,
 
ainsi que les objectifs marketing du site. La surenchère sur les délais
 
et les tarifs de livraison nest pas la seule arme concurrentielle dont
 
disposent les sites ;
 
Optimiser la couverture géographique. Tous les sites ne sont
 
pas contraints dopter pour une couverture nationale. Il peut se révéler
 
pertinent de se concentrer sur les zones offrant le plus fort potentiel, quitte
 
à prévoir un déploiement géographique progressif
 
;
 
Opter pour des modèles logistiques moins coûteux, permettant
 
daccroître les volumes à traiter donc de rentabiliser des
 
investissement de productivité, de mutualiser les coûts. Ceci
 
renvoie à lutilisation dinfrastructures existantes pour les
 
sites « brick and mortar » et à des logiques dalliances
 
pour les sites « born on the web » ;
 
Optimiser les assortiments vendus en ligne car la multiplication des
 
références complique la logistique et accroît les risques
 
dinsatisfaction de la clientèle en cas dindisponibilité
 
des produits ;
 
Améliorer le dialogue back office-front office de façon
 
à optimiser les approvisionnements, la préparation des commandes,
 
les livraisons et à adapter loffre en fonction des contraintes
 
(ruptures de stocks, saturation des tournées, promotions pour accélérer
 
une rotation) ;
 
Renforcer la communication sur lavant, le pendant et laprès
 
commande (SAV, retours marchandises, échanges) de façon à
 
rassurer le consommateur et à éviter que le back office soit sollicité
 
inutilement.
 
Compte tenu des avantages concurrentiels respectifs des différents acteurs
 
du marché , et des contraintes financières croissantes accentuées
 
par une récession rampante, le commerce en ligne devrait se structurer
 
autour de trois pôles :
 
les distributeurs traditionnels optant pour une approche commerciale
 
multicanaux (vépécistes et distributeurs possédant un parc
 
de magasins) ;
 
des spécialistes, éventuellement issus de regroupements
 
entre sites concurrents, se différenciant par une proposition de valeur
 
très distinctive ;
 
des grossistes ou des industriels sintégrant par ce biais
 
en aval mais qui peuvent avoir à gérer un conflit dintérêt
 
avec leurs distributeurs traditionnels.
 
 
Létude que nous avons réalisée dresse un état
 
des pratiques logistiques dans la vente en ligne BtoC. Elle analyse les points
 
forts et les points faibles des modèles logistiques qui ont été
 
adoptés dans différents secteurs.
 
Lanalyse propose également, à la lumière de létude
 
de 23 sites choisis pour la variété de leurs pratiques, des pistes
 
de réflexion sur les voies possibles pour améliorer lefficacité
 
logistique tout en maîtrisant les coûts et en améliorant
 
le taux de service